Groupe Yverdon I

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BONHERT Bernard - bernardbonhert@hotmail.com - Tél.024/ 425 82 51

 

Nouvelles du groupe (mises à jour le 12 novembre 2006)

Depuis septembre 2006, les 9 hommes du groupe sont dans un processus de rencontres en deux sous-groupes. L'un des sous-groupes se réuni à Yverdon, l'autre à Lausane. L'objectif de cette démarche est de pouvoir bénéficier d'un temps de paroles plus long par participants.

Une rencontre de "bilan" aura lieu en janvier 2007.

Actuellement, le groupe Yverdon 1 n'accueille pas de nouveau participant.

Pourquoi un groupe hommes ?
par Bernard Bonhert du Groupe Yverdon I

Cette question s’est posée à moi il y a maintenant quelques années. C’était en 1993, alors que Roland Bourgnon, sur l’impulsion positive de Guy Corneau, m’avait invité, avec une bonne quinzaine de « gars », à une première rencontre fondatrice de ce qui allait devenir à la fois les deux premiers groupes de partages d’hommes sur le canton de Vaud, et le Réseau Hommes de Suisse Romande.

Pourquoi un groupe hommes ?

Au début, cela était, pour moi, sans véritable forme, et j’étais quelque peu sur mes gardes, ne sachant pas très bien ce qui allait s’y passer. Dès les premiers échanges, la confiance s’est d’abord timidement installée, et j’ai décidé, un peu au « feeling », de me lancer dans cette aventure humaine ou nos fragilités de « mecs » étaient progressivement mises en évidence. Très rapidement, j’ai perçu l’utilité de ces rencontres où l’apparente solidité masculine devait laisser la place à une réalité intérieure souvent méconnue de nous mêmes. Ce qui m’a le plus impressionné, c’est que ces échanges se sont toujours fait en toute liberté et prioritairement sur la base de la confidentialité et du respect de chacun des participants, permettant l’instauration de la confiance.

Pourquoi partager sur un plan plus profond avec d’autres hommes ?

A cette interrogation, je réponds maintenant d’emblée :
- Parce que cela ne se fait pas de manière habituelle, dans la vie de tous les jours.
- Parce que les activités masculines, humaines et sociales ne sont pas conçues pour cela, nous sollicitant sans cesse et tendant même à nous faire perdre nos repères naturels.
- Parce que dans ces rencontres entre hommes est apparu l’effet miroir qui m’a permis de m’y découvrir moi-même.
- Parce que j’ai aussi connu la difficulté, voire la souffrance intérieure, qu’il y a encore très souvent et en tant qu’homme, (notamment de par notre éducation et nos traditions culturelles) à dire nos sentiments et notre intériorité. J’ai conscience, finalement, d’avoir tenté par cette démarche d’approcher ma propre réalité.
- Parce que cette expérience élève de manière conséquente la qualité de mes rapports à autrui, tant au sein de ma famille que dans la société en général.

Je pourrais encore ajouter bien d’autres bonnes raisons qui m’ont fait adhérer, d’abord avec hésitation, puis persévérance, au groupe dont je suis membre depuis bientôt neuf ans.

En effet, durant ces années d’expériences dans ce groupe, j’ai accumulé tout un vécu personnel qui m’a laissé perceptible l’empreinte intérieure de mes faiblesses et de mes forces confondues. J’ai eu l’occasion d’identifier mon orgueil de « mec », de pleurer devant mon impuissance de petit garçon, de reconnaître dans les yeux de bien des hommes ma propre humanité. Et j’ai la conviction que cela est plutôt bon pour moi comme pour la plupart de ceux que j’ai eu l’occasion d’y rencontrer.

Les explorations intérieures devant témoins ont été diverses et riches, et m’ont permis de m’ouvrir en parlant en « je » et en m’autorisant à accéder à une plus grande authenticité de moi-même. J’ai pu débusquer mes zones d’ombres tout en me respectant, grâce aux regards et à l’écoute active d’autres hommes, eux-mêmes en quête de leur propre vérité.

Ainsi, j’ai pu constater que ma noirceur intérieure, mes impulsions où répulsions, côtoyaient au fond de moi-même, mes envies de « déconner », de rire, d’aimer, de tout expérimenter, et aussi, quelquefois… de ne rien faire pour exister véritablement dans ce monde complexe. Finalement, j’ai à chaque instant le choix objectif d’avancer avec où sans masque dans mes relations quotidiennes, ayant surtout la possibilité de mieux assumer mes propres faiblesses. J’ai moins d’appréhension, moins de peur à montrer ma vulnérabilité, ce qui, paradoxalement, me restitue un peu plus de force et de liberté.

Enfin, j’ai la chance d’avoir un réseau d’amitié vraie, m’autorisant à exister par moi-même, dans le respect et la dignité qui sont des qualités humaines par excellence. C’est pourquoi, aujourd’hui encore, je continue ce chemin en compagnie d’hommes qui savent m’inspirer un quotidien meilleur que jamais.

Bernard Bonhert.
Yverdon, le 22 février 2002.
 

 

BONHERT Bernard

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